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La poitrine en histoire de l’art

Le XVIIe siècle est un siècle de passions débridées, qui trouvent souvent dans la poitrine un centre de gravité excitant, catalyseur des émotions les plus diverses, de la haine à l’amour, de la récompense à la punition. Pieter Paul Rubens a fait irruption sur la scène artistique européenne par la force écrasante de son chromatisme généreux et débordant. Il compte parmi les géants de la peinture de tous les temps, un condensé de l’humanisme italien revisité à la lumière de la tradition nordique. Il nous offre un tableau qui est la glorification la plus exaltante de l’expérience baroque. Il est le recordman reconnu de la représentation de la poitrine.

Le sein dans l’art

Les femmes de ses tableaux ont toujours des poitrines imposantes, statufiées, comme une Allemande placide, qui bouge ou gesticule fièrement avec son corps nu, pénétrée d’une sensualité naïve et envoûtante et exaltée par une vague de lumière chaude, qui caresse ses grâces torrentielles dans un scintillement de formes opulentes, dans un vacarme éblouissant de musicalité et de rhapsodies sèches. C’est souvent une orgie de nudité, un échantillonnage d’anatomies turgescentes, de teints caressants rendus avec amour dans des couleurs douces. Sa production était vraiment copieuse et il était très difficile de choisir seulement quelques tableaux pour présenter l’artiste, car ceux exclus crient vengeance.

L’Union de la terre et de l’eau (057), conservée à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, date de 1618.

Il s’agit d’une allégorie de la fortune concernant la ville d’Anvers, interprétée par Cybèle, déesse mère de la nature et Neptune, dieu de la mer. Dans sa main droite, la déesse exhibe ses attributs, des fruits luxuriants, rendus avec une précision optique et une redondance de couleurs digne du pinceau d’un spécialiste de la nature morte. Mais la véritable arme de Cybèle ; ce sont ses seins, de beaux seins comme ceux après une augmentation mammaire ; hautains et droits, forgés d’un empâtement céleste adouci par le rose tendre des minuscules tétons, qu’elle offre avec une apparente insouciance aux yeux voraces de Neptune, tandis que d’un regard langoureux elle attire son attention et que, la main dans la main, elle semble vouloir attirer physiquement le dieu vers le paradis de son corps aux formes parfaites.

Les femmes et les seins, source d’inspiration

En 1630, alors qu’il était déjà bien avancé en âge, l’artiste épousa une belle jeune femme, Hélène Fourment, qui servit de modèle à nombre de ses tableaux et posa pour d’intrigants portraits, comme celui du Kunsthistorisches Museum de Vienne, connu sous le nom de Pellicetta (058), peint en 1638. La beauté rayonnante d’Hélène, sous les traits de… Vénus, illumine le tableau dans l’intimité de sa représentation. Les seins translucides de la jeune fille donnent une idée de la texture et de la volupté, une transparence cristalline de la chair, une texture douce et ivoire, accentuée par la grâce des mamelons pointus, couleur fraise, précieux comme une pierre précieuse scintillante.

Hélène fut une injection de jeunesse vivifiante pour le peintre et sa veine créatrice, qui semblait avoir été ternie, se mit à palpiter avec une vigueur renouvelée. Nous devons imaginer que la peinture exquise qui a pris une forme éthérée dans ses dernières années était propitiée par la vue quotidienne des beaux seins de la jeune fille. L’artiste passait de longues heures apathiques dans son lit, lorsqu’Hélène s’approcha de lui d’un air pensif, détacha son corsage et, comme un remède rédempteur, lui offrit généreusement son sein blanc ; l’artiste le caressa, l’embrassa doucement et en tira le nectar savoureux qui lui donna l’énergie renouvelée pour représenter sur ses toiles immortelles un message radieux de beauté et de joie de vivre pour les générations futures.

Les seins et la sensualité

Et nous sommes certains de l’élément autobiographique dans la sensuelle Angelica e l’eremita (059), également conservée au musée viennois, une œuvre de la maturité tardive de l’artiste, certainement plus que dynamisée par la visite quotidienne des seins vitalisants de sa femme. Le tableau s’inspire d’un épisode de l’Orlando Furioso de Ludovico Ariosto, dans lequel il est dit qu’un vieil ermite est tombé amoureux d’Angelica. Il était expert en potions et en sorcellerie et lorsqu’il a vu le corps de la jeune fille s’écraser sur un coussin moelleux, il a décidé de tirer parti de ses arts magiques et a transporté Angelica sur une île déserte. Les petites œuvres contrastent fortement avec les grandes toiles du passé, animées par un sens de la monumentalité dans les scènes et une turgescence vive dans l’anatomie féminine, tandis que dans la tendre idylle entre l’ermite et Angélique, il y a maintenant un goût pour la finesse du coup de pinceau et l’intimité du ton narratif.

Les artistes français, pas en reste

Simon Vouet, peintre français, a été profondément influencé par la peinture italienne, du Caravage aux Carrache, des Bolonais au maniérisme romain, et a traité des sujets religieux, des scènes mythologiques et des allégories. Il vit pendant 15 ans à Rome où ses œuvres s’inscrivent dans le style du Caravage, dans le goût des luministes hollandais, mais plus tard, de retour en France, il allège sa palette et est attentif aux besoins décoratifs, adoptant un langage de cour, baroque par l’ampleur de sa composition, mais classique par son besoin intérieur d’élégance. Vouet eut de nombreux élèves et fut le défenseur d’un caravagisme de seconde main, filtré par l’interprétation que lui en donnèrent Carlo Saraceni et Bartolomeo Manfredi, de sorte qu’en quelques années, il ne représenta plus pour lui un mythe, une religion ou une discipline, mais plutôt un moment de réflexion sereine et de comparaison avec d’autres modes d’expression, de l’art de Poussin à celui de Pietro di Cortona, dont, éclectique et désireux de tout étudier et assimiler, il prit des solutions qu’il fit siennes. Plus tard, le contact à Rome avec Stanzione et surtout à Gênes avec Artemisia Gentileschi a produit une palette plus lumineuse et une plus grande attention aux détails décoratifs, en accord avec la nouvelle sensibilité baroque qui se répandait.

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